La peste

Si vous parvenez jusque chez moi
Vous y trouvez un lieu magique
Une courette, entouré d'un mur de briques,
Qu’on ne trouve autre que devant chez moi.

Y viennent dans celle-ci seule des amis
Il y en a d'innombrables et merveilleux
Riant, vivant, me rendant heureux.
Et le soir je les contemple de mon lit.

Avec disgrâce et sans conscience, une pluie battante
Mouilla, les généreux rayons fidèles à cette courette.
Sans prêter garde, ce fut mon dernier jour de fête,
Puisqu’il n'y aurait plus désormais qu'une brèche béant.

Plus rien ne vaudra d'être vécu alors ;
Tu as disparu, à présent je suis seul
Et il ne me reste plus qu'à me couvrir du linceul
Qui me rappellerait les merveilles de ton décor.

Ce matin ni briques ni courette ni amie
L’hiver a jeté son linceul puant et affreux
Qui glace tous mes os et le feu.
Noir désespoir pour moi il n'y a plus de vie.

Que je m'enfuis ou que je reste,
Cela monte et me ronge de partout
Et si tu revenais, même de main malgré tout
Mon coeur ne pourrait supporter ; tu es la peste.

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